La pilule et risque de thrombose désignent la relation entre les contraceptifs hormonaux et la survenue d’un caillot sanguin veineux (thromboembolie veineuse, TVE). La pilule combinée contient des œstrogènes et un progestatif ; ces hormones modifient la coagulation et peuvent augmenter le risque de formation de caillots. Ainsi, il convient de savoir qui est le plus exposé, quelles pilules présentent un risque plus élevé et comment reconnaître les signes d’alerte.
Par définition, une thrombose veineuse se traduit par un caillot qui obstrue une veine, le plus souvent dans la jambe (thrombose veineuse profonde) ou les poumons (embolie pulmonaire). Le risque absolu chez les femmes en âge de procréer non utilisatrices de pilule est d’environ 1 à 5 cas pour 10 000 femmes-année. Les pilules combinées augmentent ce risque de façon variable : environ 3 à 6 cas supplémentaires pour 10 000 femmes-année selon le type de progestatif.
Quel est le mécanisme entre pilule et risque de thrombose ?
Les œstrogènes contenus dans les pilules combinées augmentent la production de protéines pro-coagulantes et diminuent certains facteurs anticoagulants, ce qui favorise la formation de caillots. Par conséquent, la coagulation devient plus active et le risque de thrombus augmente. Le rôle du progestatif dépend de sa nature et modifie l’importance de ce risque.
Quels éléments biologiques sont impliqués ?
- Augmentation des facteurs de coagulation (ex. facteur VII, fibrinogène).
- Diminution de l’antithrombine et modification de la protéine C et S.
- Effet combiné dépendant de la dose d’œstrogènes et du type de progestatif.
Pilule et risque de thrombose : qui est le plus exposé ?
Plusieurs facteurs multiplient le risque lorsqu’une femme prend la pilule. L’âge, le tabagisme, l’obésité, les antécédents personnels ou familiaux de thrombose et certaines anomalies génétiques (par ex. facteur V Leiden) jouent un rôle important. Ainsi, la présence de plusieurs facteurs augmente de façon cumulative la probabilité d’un événement thrombotique.
Quels sont les facteurs de risque principaux ?
- Tabagisme, surtout après 35 ans.
- Obésité (IMC ≥ 30).
- Antécédent personnel de thrombose veineuse.
- Antécédent familial ou thrombophilie prouvée.
- Immobilisation prolongée ou chirurgie majeure récente.
Comment comparer les pilules entre elles sur le risque de thrombose ?
Toutes les pilules ne présentent pas le même niveau de risque. Les pilules combinées contenant des progestatifs de deuxième génération (ex. lévonorgestrel) ont montré un risque moindre que celles contenant des progestatifs de troisième ou quatrième génération (ex. désogestrel, gestodène, drospirénone). La pilule progestative (ou micro‑dose progestative) n’augmente généralement pas le risque de thrombose de façon significative.
| Type de contraceptif | Risque relatif approximatif |
|---|---|
| Pilule combinée (lévonorgestrel) | Risque modéré : ~6 à 9 cas/10 000 femmes‑année |
| Pilule combinée (désogestrel, gestodène, drospirénone) | Risque plus élevé : ~9 à 12 cas/10 000 femmes‑année |
| Pilule progestative (minipilule) ou DIU progestatif | Risque similaire au niveau de base : ~1 à 5 cas/10 000 femmes‑année |
Exemples concrets
- Sur 10 000 femmes non utilisatrices, environ 2 à 5 cas de TVE par an.
- Avec une pilule combinée à lévonorgestrel, on observe autour de 6 à 9 cas par 10 000 femmes par an.
- Avec une pilule combinée à drospirénone, le chiffre peut atteindre 9 à 12 cas par 10 000 femmes par an.
Quels sont les symptômes d’alerte à connaître ?
Reconnaître rapidement une thrombose permet d’agir vite. Les signes peuvent toucher la jambe ou les poumons ; il faut rester vigilant et consulter si un symptôme suspect apparaît. En cas de doute, contacter un professionnel de santé sans délai.
Quels signes doivent amener à consulter ?
- Douleur, gonflement ou chaleur localisés à une jambe, surtout unilatéraux.
- Trouble respiratoire soudain, douleur thoracique, essoufflement ou toux persistante.
- Sensation de malaise sévère, vertiges ou évanouissement.
Pilule et risque de thrombose : comment minimiser les risques ?
Il existe des mesures préventives générales mais la décision thérapeutique doit rester médicale. Évaluer les facteurs de risque individuellement permet d’orienter le choix contraceptif et de réduire l’exposition inutile. Ainsi, une consultation permet de peser bénéfices et risques en tenant compte du contexte personnel.
Quelles démarches sont recommandées avant la prescription ?
- Recueil des antécédents personnels et familiaux de thrombose.
- Évaluation du tabagisme, de l’IMC et des facteurs associés (âge, immobilisation).
- Éventuelle consultation spécialisée en cas de thrombophilie connue.
FAQ
La pilule provoque-t-elle toujours une thrombose ?
Non. La majorité des utilisatrices ne développe pas de thrombose, mais la pilule combinée augmente le risque par rapport à l’absence d’utilisation. Le risque absolu reste faible en valeur numérique, souvent inférieur à 12 cas pour 10 000 femmes‑année selon le type de pilule.
La pilule sans œstrogène est-elle sûre ?
Les contraceptifs contenant uniquement un progestatif montrent en général peu ou pas d’augmentation du risque de thrombose. Toutefois, chaque situation nécessite une évaluation individuelle par un professionnel de santé.
Fumer augmente-t-il le risque avec la pilule ?
Oui. Le tabagisme, surtout après 35 ans, multiplie significativement le risque cardiovasculaire et thrombotique associé à la pilule combinée. Il est important d’en parler lors de la consultation.
Doit-on arrêter la pilule en cas de chirurgie ?
La gestion avant une chirurgie dépend du type d’intervention, de la durée d’immobilisation et du risque individuel. Un médecin déterminera la conduite à tenir ; il est recommandé d’en discuter avant toute opération programmée.
Quels examens permettent de vérifier un risque héréditaire ?
Des tests génétiques ou biologiques peuvent détecter des thrombophilies (ex. facteur V Leiden). Ces examens se prescrivent sur avis médical, surtout si des antécédents familiaux ou personnels existent.
Pilule et risque de thrombose : que faut-il retenir ?
La pilule et risque de thrombose impliquent une augmentation du risque de caillots avec les contraceptifs combinés, variable selon le type de progestatif et la dose d’œstrogènes. Le risque absolu reste faible en valeur numérique, mais il augmente si d’autres facteurs (tabac, âge, obésité, antécédents) sont présents. Par conséquent, discuter du choix contraceptif avec un professionnel de santé permet d’évaluer les bénéfices et les risques et d’adapter la méthode contraceptive au profil individuel. En cas de symptômes évocateurs, consulter sans tarder.
Sources
World Health Organization. (2018). Medical eligibility criteria for contraceptive use — 5th ed. Geneva: WHO.
NHS. (2021). Combined hormonal contraceptives and risk of blood clots. National Health Service. Retrieved from https://www.nhs.uk/conditions/contraception/combined-pill/
Lidegaard, Ø., Løkkegaard, E., Svendsen, A. L., & Agger, C. (2012). Hormonal contraception and risk of venous thromboembolism: national follow‑up study. BMJ, 344, e2692.
Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). (2013). Contraception hormonale : recommandations et informations. Paris: ANSM.
European Medicines Agency (EMA). (2014). Benefits and risks of combined hormonal contraceptives. EMA/Publications.
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