Aménorrhée secondaire : tout comprendre

L’aménorrhée secondaire désigne l’absence de règles pendant au moins 3 mois chez une femme qui avait auparavant des cycles menstruels réguliers, ou l’absence de règles pendant 6 mois en cas de cycles irréguliers. Ce trouble concerne environ 3 à 5 % des femmes en âge de procréer et peut résulter de causes très variées, allant de modifications physiologiques à des pathologies endocriniennes ou utérines. L’objectif de cet article est d’expliquer clairement ce qu’est l’aménorrhée secondaire, d’énumérer ses causes fréquentes, de décrire les examens possibles et d’indiquer quand consulter un professionnel de santé.

La définition précise, les chiffres clés et des exemples concrets seront fournis pour faciliter la compréhension. Parmi les causes les plus fréquentes, le syndrome des ovaires polykystiques (PCOS) représente environ 30 à 40 % des cas d’aménorrhée d’origine anovulatoire, tandis que les troubles hypothalamiques et la prise ou l’arrêt de contraceptifs hormonaux expliquent une part importante des autres situations. En cas de doute, il est recommandé de consulter un médecin pour un bilan adapté.

Qu’est-ce que l’aménorrhée secondaire et comment la définir ?

L’aménorrhée secondaire se définit par l’absence de règles après l’apparition des premières règles (ménomarche). La durée retenue est de 3 mois pour des cycles auparavant réguliers et 6 mois pour des cycles irréguliers.

La distinction avec l’aménorrhée primaire (absence de premières règles à 15 ans ou plus) est importante car les causes diffèrent. Environ 1 femme sur 20 en âge de procréer peut présenter un épisode d’aménorrhée secondaire au cours de sa vie.

Quelles sont les causes de l’aménorrhée secondaire ?

Aménorrhée secondaire d’origine physiologique ou transitoire

La grossesse reste la première cause d’aménorrhée secondaire et doit toujours être recherchée par un test simple. Les variations liées à l’allaitement et la ménopause tardive expliquent d’autres situations physiologiques.

Aménorrhée secondaire d’origine endocrinienne

Plusieurs troubles hormonaux peuvent provoquer une aménorrhée secondaire :

  • Syndrome des ovaires polykystiques (PCOS) — ≈ 30–40 % des cas anovulatoires.
  • Hyperprolactinémie (prolactinome ou médicaments) — ≈ 5–15 % des cas.
  • Insuffisance ovarienne prématurée — ≈ 1–4 % des femmes jeunes.
  • Dysfonction thyroïdienne (hypothyroïdie ou hyperthyroïdie).

Aménorrhée secondaire d’origine structurelle

Des anomalies utérines ou cervicales peuvent bloquer les règles, par exemple le syndrome d’Asherman après une chirurgie utérine. Ces causes restent rares mais importantes à identifier.

Aménorrhée secondaire induite

Plusieurs facteurs externes peuvent aboutir à une aménorrhée :

  1. Changements importants du poids corporel (perte > 10 % du poids en quelques mois).
  2. Exercice physique intense chez les sportives de haut niveau.
  3. Médicaments : certains antipsychotiques, antidépresseurs ou traitements oncologiques.
  4. Contraception hormonale : installation, arrêt ou méthode intra-utérine hormonale.

Quels signes accompagnent souvent l’aménorrhée secondaire ?

Outre l’absence de règles, des symptômes associés orientent vers certaines causes spécifiques. Par exemple, une galactorrhée (écoulement lacté) oriente vers une hyperprolactinémie, tandis que des signes d’hirsutisme et d’acné suggèrent un syndrome des ovaires polykystiques.

D’autres signes à noter : variation du poids (> 10 %), fatigue marquée, troubles de la vision (à rechercher en cas de prolactinome), bouffées de chaleur en cas d’insuffisance ovarienne prématurée.

Quels examens réaliser en cas d’aménorrhée secondaire ?

Le bilan commence généralement par un interrogatoire détaillé et un examen clinique, incluant la prise de poids et la recherche de signes hormonaux. Un test de grossesse est systématique.

Les examens complémentaires peuvent comprendre :

  • Bilan sanguin hormonal : FSH, LH, estradiol, prolactine, TSH, androgènes.
  • Échographie pelvienne pour explorer les ovaires et l’utérus.
  • IRM hypophysaire si hyperprolactinémie ou signes neurologiques — indiquée dans ±10 % des bilans selon la présentation.

Quels examens ventilés selon la cause suspectée ?

  1. Si suspicion de PCOS : bilan androgénique et échographie — PCOS confirmé dans 20–40 % des cas de cycles anovulatoires.
  2. Si suspicion d’insuffisance ovarienne : dosage de la FSH élevé à deux reprises.
  3. Si suspicion d’Asherman : hystéroscopie pour confirmation.

Quels traitements peut-on évoquer pour l’aménorrhée secondaire ?

Les options de prise en charge dépendent de la cause identifiée et des objectifs (fertilité, réapparition des cycles, gestion des symptômes). Les traitements médicaux et chirurgicaux existent, mais ne remplacent pas une consultation individuelle.

Exemples d’approches (à titre informatif seulement) :

  • Modifications de l’hygiène de vie et rééquilibrage pondéral pour une aménorrhée d’origine hypothalamique.
  • Médicaments visant l’équilibre hormonal en cas de PCOS ou d’hyperprolactinémie.
  • Intervention chirurgicale pour les adhérences utérines (hystéroscopie) si nécessaire.

Toutes les décisions thérapeutiques doivent être discutées avec un professionnel de santé. En cas d’infertilité associée, un parcours spécialisé est souvent proposé.

Tableau comparatif des causes fréquentes de l’aménorrhée secondaire

Cause Signes typiques Fréquence approximative Âge le plus souvent touché
Syndrome des ovaires polykystiques (PCOS) Hirsutisme, acné, cycles irréguliers ≈ 30–40 % des cas anovulatoires Adolescence et âge reproducteur
Hypothalamique (stress, perte de poids, sport) Perte de poids, sport intense, aménorrhée progressive ≈ 15–30 % Jeunes adultes
Hyperprolactinémie Galactorrhée, troubles menstruels, parfois céphalées ≈ 5–15 % 20–40 ans
Insuffisance ovarienne prématurée Aménorrhée, bouffées de chaleur, FSH élevée ≈ 1–4 % < 40 ans
Causes utérines (ex. Asherman) Histoire d’interventions utérines, règles absentes Rares (≈ 1–3 %) Après interventions gynécologiques

Quand doit-on consulter pour une aménorrhée secondaire ?

Une consultation médicale est recommandée dès l’absence de règles correspondant à la définition (3 mois pour cycles réguliers, 6 mois pour cycles irréguliers). Il faut consulter plus rapidement si des symptômes associés apparaissent : douleur pelvienne, céphalées nouvelles, troubles visuels, saignements anormaux.

La recherche de grossesse doit être la première étape en pratique. En fonction des résultats, des examens complémentaires pourront être prescrits pour identifier la cause et envisager la prise en charge appropriée.

FAQ

Quelle est la première chose à vérifier en cas d’aménorrhée secondaire ?

Il est essentiel d’éliminer une grossesse par un test urinaire ou sanguin, car c’est la cause la plus fréquente d’absence de règles.

L’arrêt des règles signifie-t-il une infertilité ?

Pas nécessairement. Certaines causes d’aménorrhée sont réversibles et permettent une grossesse après bilan et prise en charge. Une consultation spécialisée peut évaluer les options.

Peut-on avoir des règles après une aménorrhée secondaire non traitée ?

Certaines aménorrhées transitoires peuvent se résoudre spontanément, tandis que d’autres persistent sans traitement adapté. Un suivi médical permet de préciser le pronostic.

L’alimentation et le sport peuvent-ils provoquer une aménorrhée secondaire ?

Oui. Une perte de poids rapide, un apport calorique insuffisant ou un exercice excessif peuvent perturber le fonctionnement hypothalamo-hypophysaire et conduire à une aménorrhée.

Faut-il faire un bilan hormonal complet ?

Le bilan hormonal aide à orienter le diagnostic, mais son contenu dépendra de l’histoire clinique et de l’examen initial. Un professionnel de santé décidera des examens appropriés.

Faut-il s’inquiéter de l’aménorrhée secondaire ?

L’aménorrhée secondaire n’est pas toujours signe d’une maladie grave, mais elle mérite une évaluation car elle affecte la fertilité et peut révéler des troubles hormonaux ou structurels. Environ 3 à 5 % des femmes en âge de procréer connaissent un épisode d’aménorrhée secondaire, ce qui justifie une prise en charge adaptée. En cas d’absence de règles, de symptômes associés ou de préoccupation, il est important de consulter un médecin pour établir un diagnostic et définir les étapes du bilan.

Sources

World Health Organization. (2014). WHO guideline: Inappropriate use of interventions during childbirth. Geneva, Switzerland: WHO. Disponible sur https://www.who.int

Haute Autorité de Santé. (2019). Troubles du cycle et infertilité féminine: recommandations. Paris: HAS. Disponible sur https://www.has-sante.fr

American College of Obstetricians and Gynecologists. (2015). Committee Opinion: Management of amenorrhea. Washington, DC: ACOG. Disponible sur https://www.acog.org

Endocrine Society. (2013). Clinical Practice Guideline: Diagnosis and treatment of primary ovarian insufficiency. Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism. Disponible sur https://www.endocrine.org

Royal College of Obstetricians and Gynaecologists. (2016). Amenorrhoea: Green-top Guideline No. 28. Londres: RCOG. Disponible sur https://www.rcog.org.uk


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