L’asthénospermie désigne une baisse de la mobilité des spermatozoïdes observée au spermogramme et constitutive d’un facteur possible d’infertilité masculine. Le mot « asthénospermie » est employé quand la proportion de spermatozoïdes mobiles progressifs est inférieure aux critères de référence, par exemple 32 % selon le manuel de l’OMS pour l’examen du sperme. Ce trouble peut être isolé ou associé à d’autres anomalies (concentration, morphologie) et il intervient dans un contexte où le facteur masculin contribue à environ 40–50 % des difficultés de conception du couple.
La présentation varie : des formes légères avec mobilité légèrement réduite jusqu’à des formes sévères où la mobilité progressive est très basse. Les symptômes directs sont rares ; l’asthénospermie se détecte principalement lors d’un bilan de fertilité réalisé après 12 mois d’essais sans contraception. En cas de doute, il est important de consulter un spécialiste pour un bilan complet et des conseils adaptés.
Qu’est-ce que l’asthénospermie et comment se définit-elle ?
L’asthénospermie se définit par une diminution de la mobilité des spermatozoïdes, en particulier de la mobilité progressive. Selon l’OMS, le seuil de référence pour la mobilité progressive est ≥32 %. Ce critère permet de distinguer mobilité normale et mobilité diminuée lors d’un spermogramme standard.
Asthénospermie : quels sont les types ?
- Asthénospermie légère : mobilité progressive entre 20 % et 32 %.
- Asthénospermie modérée : mobilité progressive entre 10 % et 20 %.
- Asthénospermie sévère : mobilité progressive < 10 %.
Quelles sont les causes de l’asthénospermie ?
Plusieurs facteurs peuvent réduire la mobilité spermatozoïde, parfois combinés. Il faut distinguer causes hormonales, infectieuses, environnementales et génétiques.
Causes fréquentes de l’asthénospermie
- Infections des voies génitales (orchite, épididymite) ; présence bactérienne détectée dans 5–15 % des bilans selon les séries.
- Varicocèle, affectant la circulation testiculaire et la température locale.
- Expositions toxiques : tabac, alcool, pesticides, et certains médicaments.
- Facteurs métaboliques et hormonaux : anomalies de la testostérone, hypothyroïdie.
- Anomalies génétiques rares affectant le mouvement des cils et flagelles (ex. : dyskinésie ciliaire).
Comment l’asthénospermie est-elle diagnostiquée ?
Le diagnostic repose sur l’analyse du sperme (spermogramme) réalisée selon des normes standardisées. Au moins 2 prélèvements à 2–3 semaines d’intervalle sont souvent recommandés pour confirmer la même anomalie.
Quels examens complètent le spermogramme ?
- Examen clinique urologique et palpation testiculaire.
- Dosages hormonaux (FSH, LH, testostérone) si indiqué.
- Échographie scrotale pour rechercher varicocèle.
- Recherche d’infections via prélèvements et sérologies.
Comment interpréter un résultat d’asthénospermie ?
Un seul spermogramme anormal n’établit pas nécessairement une infertilité définitive ; la variabilité intra-individuelle peut exister. La combinaison avec d’autres paramètres (concentration, morphologie) et l’histoire du couple guide l’évaluation.
| Paramètre | Valeur normale (OMS) | Asthénospermie |
|---|---|---|
| Motilité progressive | ≥ 32 % | < 32 % |
| Concentration (exemple) | ≥ 15 millions/ml | Peut être normale ou diminuée |
| Morphologie (exemple) | ≥ 4 % formes normales | Souvent associée mais pas systématique |
Quels sont les traitements et les prises en charge possibles en cas d’asthénospermie ?
Il n’existe pas de traitement universel ; la prise en charge dépend de la cause identifiée. Les options ci-dessous sont présentées à titre informatif et nécessitent toujours une évaluation médicale préalable.
Prises en charge et options (à titre informatif)
- Correction chirurgicale d’un varicocèle lorsqu’il est cliniquement significatif.
- Traitement des infections identifiées par antibiothérapie adaptée.
- Conseils sur l’hygiène de vie : arrêt du tabac, réduction de l’alcool, limitation de l’exposition à la chaleur et aux toxiques.
- Assistance médicale à la procréation (AMP) : insémination intra-utérine (IUI) ou fécondation in vitro (FIV) selon la sévérité et le contexte du couple.
- Étape diagnostique : bilan complet et confirmation par 2 spermogrammes.
- Étape thérapeutique : corriger facteurs réversibles si possible.
- Étape d’accompagnement : orientation vers AMP si besoin, discussion avec un spécialiste de la fertilité.
Asthénospermie : quels exemples cliniques ?
Exemple 1 : homme de 34 ans, infertilité de couple depuis 18 mois, spermogramme montrant mobilité progressive 15 %. Après traitement d’une épididymite, mobilité remontée à 28 % au contrôle 3 mois plus tard.
Exemple 2 : homme de 40 ans, tabagisme chronique et exposition professionnelle aux solvants, mobilité progressive 8 %. Orientation vers une consultation de fertilité et discussion d’AMP réalisée.
FAQ
Qu’est-ce qui distingue asthénospermie et oligospermie ?
Asthénospermie concerne la mobilité des spermatozoïdes, oligospermie concerne la concentration (< 15 millions/ml selon l’OMS). Les deux peuvent coexister et modifier la fertilité.
L’asthénospermie est-elle réversible ?
Parfois oui, surtout si la cause est traitable (infection, varicocèle, facteurs de mode de vie). Dans d’autres cas, la récupération peut être partielle ou nécessiter des techniques d’aide à la procréation.
Un seul spermogramme suffit-il pour poser le diagnostic ?
Non. Il est recommandé d’avoir au moins 2 spermogrammes réalisés à 2–3 semaines d’intervalle pour confirmer une anomalie persistante.
L’asthénospermie réduit-elle toujours les chances de grossesse naturelle ?
Elle diminue les chances selon sa sévérité et selon la présence d’autres anomalies ; cependant certains couples conçoivent spontanément malgré une mobilité réduite.
Doit-on consulter un spécialiste systématiquement ?
En cas de spermogramme anormal ou de difficultés à concevoir depuis 12 mois, une consultation spécialisée est recommandée pour un bilan complet.
Asthénospermie : que faut-il retenir ?
L’asthénospermie correspond à une baisse de la mobilité progressive des spermatozoïdes, définie par des seuils de référence (ex. 32 % selon l’OMS), et elle peut contribuer à l’infertilité masculine. Le diagnostic repose sur au moins deux spermogrammes et un bilan complémentaire pour identifier une cause réversible. Les options de prise en charge vont de la correction des facteurs réversibles à des procédures d’assistance médicale à la procréation, présentées ici à titre informatif. En cas de doute ou d’anomalie, il est important de consulter un professionnel de santé spécialisé pour une évaluation personnalisée.
Sources
World Health Organization. (2010). WHO laboratory manual for the examination and processing of human semen (5th ed.). Geneva, Switzerland. https://www.who.int/publications/i/item/9789241547789
European Association of Urology. (2021). EAU Guidelines: Male Infertility. Arnhem, The Netherlands. https://uroweb.org/guideline/male-infertility/
American Society for Reproductive Medicine. (2015). Diagnostic evaluation of the infertile male: Practice Committee of the ASRM. Fertility and Sterility. https://www.asrm.org
Mayo Clinic. (2020). Male infertility. https://www.mayoclinic.org/tests-procedures/male-infertility/about/pac-20384865
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